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Mortalité des abeilles et pénurie de miel

Le 19/09/2017 Actualités du monde agricole

Le miel pourrait bientôt devenir un produit rare... et d'autres ressources également

Ces 20 dernières années, la production de miel a été divisée par 3 en France, passant de 32 000 tonnes en 1995, à 9 000 tonnes en 2016… une année vraiment catastrophique. Dans la même période, le taux de mortalité moyen des abeilles domestiques dépasse les 20 % de moyenne dans de nombreuses régions. 

Il y a plusieurs années, les apiculteurs ont lancé un cri d’alarme, pour signaler cette disparation progressive de leurs populations d’abeilles (jusqu’à 90 % de pertes chez certains d’entre eux). Mais cela cache de grandes disparités, car certains ne rencontrent aucun problème, dans certaines zones ou régions qui semblent épargnées.
 

Les raisons de cette disparition : pas si simple…

Suspect N°1 : les insecticides “néonicotinoïdes“. Ces produits phytosanitaires agissent sur le système nerveux des insectes. Ils touchent les abeilles comme les autres insectes, affectant les butineuses qui ne retrouvent plus le chemin de la ruche. Ces produits dits “systémiques“ sont présents dans toute la plante, et donc dans le pollen.

Or, sans abeilles, pas de miel bien sûr. Mais la diminution des populations n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour les gourmets et les apiculteurs. Car les butineuses sont les pollinisateurs les plus importants : elles participent à 80% de la reproduction des espèces végétales et à plus de 30% de l’alimentation mondiale…

Pourtant, les insecticides ne sont pas les seuls responsables de la disparition des abeilles, car c’est une combinaison de nombreux facteurs : la météo, l’agriculture intensive et la monoculture, la standardisation des paysages, ainsi qu’un parasite de l’abeille, le Varroa. Enfin, un nouveau prédateur s’est ajouté à cette liste avec le frelon asiatique, après son introduction accidentelle en 2004.


L’agriculture et le législateur se mobilisent

Face à ces phénomènes, les choses commencent à bouger. Par exemple, les agriculteurs font évoluer leurs pratiques : s’ils pulvérisent parfois tard le soir ou la nuit dans les champs, ce n’est pas pour se cacher ! Au contraire, cette technique présente 2 avantages : en se mêlant à la rosée, les produits agissent dès le petit matin, avant l’arrivée des abeilles. De plus, cela permet de diviser par deux, voire plus, les quantités de matière active pour obtenir les mêmes effets.

En parallèle, l’utilisation des néonicotinoïdes en Europe a été suspendue pour certaines cultures, dont le colza, le tournesol ou le maïs. Dans le cadre de la loi sur la biodiversité, l’emploi de ces molécules sera même totalement interdit en France à partir de 2018.
Restera à vérifier l’impact des autres facteurs…
 

Dans l’attente, ne soyez donc pas surpris de voir augmenter le prix du miel chez certains accueillants qui pourraient vous en proposer… Ils apprécieront d’autant plus votre intérêt  qu’ils disposent souvent d’une quantité limitée pour vivre correctement de leur production !

Et André L., camping-cariste : "Grâce à notre hôte apiculteur, nous ne mangerons plus du miel, nous le dégusterons !"

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